EUROFONIK : la belle oraison

 

Alors que depuis 2020 Eurofonik ne peut accueillir son public, nous avons eu à cœur de vous proposer une surprise…

Cette surprise, c’est un travail avec Petites Planètes, structure réunissant Priscilla Telmon et Mathieu Saura, également connu sous le nom de Vincent Moon. Le fruit de tout cela est un film tel que nous le rêvions : brut, sensible, au plus proche des artistes, nous emmenant en douceur dans des univers musicaux évocateurs, contrastés, incarnant ces musiques des mondes d’Europe valorisées par Eurofonik.

 

Le choix du Château des ducs de Bretagne n’est pas un hasard : ce lieu emblématique nantais est un partenaire régulier du Nouveau Pavillon, l’association portant Eurofonik. Il est notamment l’écrin d’un rendez-vous régulier, à chaque édition du festival : un parcours offrant l’opportunité d’écouter cinq concerts, solos ou duos, en acoustique, dans les salles du musée d’histoire de Nantes abrité par ce Château.

 

Dans cette Belle oraison, retrouvez les artistes initialement programmés pour le parcours 2021 : Emmanuelle Bouthillier, chanteuse et violoniste, Micha Passetchnik et Mihaï Trestian, respectivement à la trompette et au cymbalum, Clotilde Trouillaud, harpiste, François Luçon au uilleann pipes, ainsi que Dafné Kritharas et Paul Barreyre dans un duo chant – guitare.

 

Surprise dans la surprise : chaque solo ou duo bénéficiera en plus d’un film dédié ! Retrouvez-les publiés au rythme d’un par semaine, sur ce même site.

 

 

 

 

Les répertoires de Haute-Bretagne et d’Amérique du Nord sont magnifiés par la précision et l’expressivité d’Emmanuelle Bouthillier. Cette violoniste et chanteuse pratique également la podorythmie (percussions avec les pieds) ; baignée dans les musiques traditionnelles, elle sait atteindre un équilibre rare entre subtilité et énergie, le tout avec une générosité remarquable.

 

Micha Passetchnik et Mihaï Trestian sont deux dignes représentants des musiques d’Europe de l’Est, l’un trompettiste, l’autre au cymbalum. Micha est d’origine biélorusse, Mihaï est né en Moldavie ; les deux ont vécu l’époque soviétique et partagent des similitudes dans leurs parcours. Musiciens virtuoses, ils nous démontrent avec brio que les musiques populaires d’Europe de l’Est sont multiples, contrastées, émouvantes.

 

Clotilde Trouillaud joue d’un instrument parfois marqué par des stéréotypes : la harpe dite « celtique ». Cependant, il suffit de l’écouter quelques secondes pour comprendre que cette compositrice de talent ne choisit pas la facilité et sait faire bouillonner des influences musicales multiples pour proposer des airs dont la complexité ne vient jamais émousser la beauté.

 

Le uilleann pipes, cornemuse irlandaise jouée par François Luçon, est également un instrument typé, que l’on associe volontiers aux groupes emblématiques du renouveau de la musique irlandaise. Cependant, son style tranche avec les clichés du genre : un jeu puissant et nerveux inspiré des artistes de l’ouest de l’Irlande, un goût pour les croisements esthétiques et un talent de compositeur font de ce jeune musicien une personne à suivre.

 

Dafné Kritharas, par ses origines grecques, se nourrit des musiques méditerranéennes, tant dans ses choix de répertoires que dans son impressionnante technique vocale. À ses côtés, Paul Barreyre déploie un jeu de guitare et un chant fins, élégants, ainsi que des compositions francophones inspirées. Ce duo n’est pas simplement touchant : il sait ne pas céder à la facilité, surprendre et ne laisser personne insensible à leur propos. Notons que Dafné Kritharas est lauréate 2021 du Prix des musiques d’ici.